18 avril 2018

Tout pour plaire (Ingrid Desjours)

Résumé :
En apparence, votre mari et vous avez "tout pour plaire".
Mais depuis longtemps, déjà, votre couple dérange.
Parce qu'une brillante jeune femme comme vous n'a pas pu tout abandonner pour se consacrer à son riche mari sans être influencée. Ou vénale.
Parce qu'un séducteur avide de pouvoir comme lui n'a pu obtenir votre dévotion que par la tyrannie et la manipulation. Comme tous les pervers narcissiques.
Alors quand votre séduisant beau-frère vient s'installer chez vous, les esprits s’échauffent davantage. Et la disparition suspecte de sa femme n'arrange rien. Oui, vos voisins guettent le drame... Mais ils sont encore très loin d'imaginer la tragédie qui va réellement se jouer...

Mon avis :
Le couple formé par David et Déborah envoie du rêve. Tout le monde les admire. David est un célèbre coach en séduction, Déborah est la femme la plus belle et la plus gracieuse du monde. Le couple idéal.
Mais, quand Frederika, amie et voisine du couple, gratte la peinture, des craquelures apparaissent. Il n'en faut pas plus pour qu'elle parle de violences conjugales, David est violent, pervers narcissique et manipulateur. Elle veut sauver son amie, mais doit y aller doucement.
Heureusement, Nicolas, le frère de David débarque, après 8 ans de silence. Il apparaît rapidement comme le sauveur de Déborah.
Que cache la disparition de Laura, la femme de Nicolas ? Quel est ce traumatisme vécu par ces frères durant leur enfance ?

Ingrid Desjours nous balance sans pitié dans un monde de manipulation et de vengeance.
On ne sait rien, on doute de tout le monde, on se pose 120 questions par page. Est ce que j'ai bien lu ce qui vient de se passer ?
J'ai aimé ces personnages hyper travaillés, comme toujours. Les personnalités sombres, les apparences trompeuses.
J'ai été totalement happée par l'histoire, je me doutais de deux trois trucs mais je devais absolument savoir "pourquoi" et "comment". C’était totalement passionnant.
Il n'y a bien que la toute fin que j'ai trouvé ULTRA frustrante. Mais le dénouement était grandiose.
J'ai adoré, tout bonnement.

13 avril 2018

Iboga (Christian Blanchard)

Résumé :
28 octobre 1980, Jefferson Petitbois, condamné à la peine de mort, est incarcéré à la maison d'arrêt de Fresnes. Pour rejoindre sa cellule dans le couloir de la mort, il croise la "Louisette".
Comme un outrage à la dignité humaine, un doigt d'honneur à la vie, la guillotine trône au milieu de la cour.
Accompagné de deux gardiens, il la frôle et sent son odeur de graisse et de limaille.
Dix-sept ans ! Suffisamment grand pour tuer donc assez vieux pour mourir...
Deux ans auparavant, Jefferson a rencontré Max, son protecteur et mentor. Iboga est alors entré en lui. Iboga l'a rendu plus puissant. Immortel. Meurtrier.
Une fois, Max m'a dit quelque chose que j'ai compris plus tard : Si tu commences à mentir, mec, tu seras obligé de le faire tout le temps et tu seras piégé un jour parce qu'il y aura des incohérences, des trucs qui n'iront pas ensemble. En revanche, si tu dis la vérité, tu ne seras jamais mis en défaut.
J'ai dit la vérité aux flics, avocats, juges et jurés. J'ai pris perpète et failli avoir la tête tranchée.

Mon avis :
J'ai choisi ce roman parce que depuis quelques jours je le voyais passer partout sur FB ou instagram. Je n'avais aucune connaissance du résumé mais tout le monde trouvait ce bouquin fort et puissant, du coup j'ai tenté.
Et ravie je suis.
Jeff est un ado qui a massacré plusieurs sdf avec une rare violence.
Abandonné à la naissance par sa mère, il a passé son enfance à errer, à enchaîner les conneries.
A 14 ans, quand il ne peut pas supporter plus, il croise la route d'un certain Max, qui va le sauver et l'entraîner avec lui. De gamin misérable il est devenu assassin sanguinaire sans pitié.
Condamné à mort, il prend conscience de ce que cela implique. Il assume ses actes mais ne veut pas mourir.
Évidemment, avec l'élection de François Mitterrand, Jeff a la chance d'être condamné à perpétuité.
Mais finalement, la prison à vie n'est-elle pas pire qu'une mort nette et précise ?
Peut être.
Commence alors pour Jeff une longue peine, faite d'isolement et de mauvais traitements d'un maton. Heureusement, il y a Jean, pour le soutenir et le consoler.
Jeff nous raconte son histoire, son point de vue et surtout sa vérité. Qui est ce mystérieux Max ? Qu'a bien pu faire Jeff pour finir en prison ? En isolement après un coup de folie, il passe ses journées comme il peut. Il rumine, réfléchit, raconte, observe, puis lit, écrit ou dessine.

L'écriture de Christian Blanchard est magnifique, poétique. Il a réussi à créer ici des personnages divins, attachants. Même Germaine compte pour le lecteur. On a une immense peine pour ce pauvre Jeff, il n'a vraiment jamais eu de chance. Ses crimes sont impardonnables mais c'est tellement triste pour lui.
J'ai tout aimé dans ce roman. L'atmosphère oppressante de la prison, Jeff que j'ai eu envie de serrer dans mes bras plus d'une fois, ses illusions, sa rage. La fin.
Iboga est un roman aussi puissant que magnifique.
Merci mais tellement à Babelio et aux Editions Belfond, j'ai passé une merveilleuse semaine avec Jeff.

7 avril 2018

La maison de poupée (M.J. Arlidge)

Résumé :
Une jeune fille se réveille dans un lit qui n'est pas le sien. Plus inquiétant : la chambre dans laquelle elle se trouve n'est qu'un décor reconstitué dans une cave dont elle est prisonnière. La panique monte. Comment a-t-elle atterri ici ? Et pourquoi ?
Pendant ce temps, des promeneurs font une découverte macabre : le corps décomposé d'une femme sur une plage. La disparition de la victime remonte à plusieurs années sans jamais avoir été signalée : la famille continuait de recevoir des nouvelles via les réseaux sociaux et n'avait donc aucune raison de s'inquiéter.
Pour la détective Helen Grace, c'est la preuve que le meurtrier qu'elle traque est pervers, mais aussi intelligent et manipulateur. L'heure tourne. Et quelque part, une autre femme lutte pour sa survie...

Mon avis :
Quel plaisir de retrouver Helen Grace, cette véritable Wonder-Woman qui n'a peur de rien. Ou si peu.
J'aime vraiment ce personnage. Elle est cassée, pleine de fêlures, mais reste malgré tout la tête haute, elle fonce, elle affronte. (Elle doit être bélier, je ne vois que ça).

On retrouve notre flic préférée pour une enquête plutôt glauque. Un cadavre retrouvé enterré dans la plage. La jeune fille a été enfermée, affamée, privée de lumière. Une souffrance absolue. Et absolument aucun indice puisque visiblement ses comptes sur les réseaux sociaux étaient toujours alimentés, elle serait pourtant morte depuis des années.

Au même moment, une autre jeune femme se réveille séquestrée dans une cave, sans lumière. Mais cette fois, malgré son compte twitter actif, ses parents s'inquiètent parce que malgré tous ses problèmes, ce n'est absolument pas son genre de partir "comme ça".

Helen fait rapidement le lien entre les deux femmes. L'une est morte mais l'autre peut encore être sauvée, il va falloir faire vite. Mais sans indices ni début de piste...
Pendant ce temps, la victime vit dans la terreur et perd peu à peu tout espoir.

En parallèle, il y a toujours le conflit entre Helen et Harwood. Enfin il n'y a bien qu'Harwood qui y accorde une quelconque importance. Mais cette fois, c'est allé beaucoup trop loin.

On retrouve donc tout ce qui a fait le succès d'M.J. Arlidge : des personnages qu'on adore, d'autres qu'on a envie de tuer, des chapitres courts qui s'enchaînent, de l'action qui s'essouffle peu (ou pas du tout), du suspens, une tonne de questions et une écriture très efficace.
Encore une fois j'ai adoré, même si selon moi on est un peu en dessous du Furet. Je n'ai pas vu le temps passer, ça se lit toujours (trop) vite et j'ai hâte de lire le 4eme épisode.

31 mars 2018

Défaillances (B.A. Paris)

Résumé :
Cassandra est mariée depuis un an avec Matthew, et leur bonheur semble sans nuages. Jusqu'à ce qu'un orage, un soir, pousse Cass à emprunter une route qu'elle n'aurait jamais dû prendre, à travers la foret. Trop isolée, trop sombre, trop dangereuse.
Tellement dangereuse, d'ailleurs, que lorsqu'elle dépasse une voiture immobilisée sur le bord de la chaussée, Cass choisit de ne pas s'arrêter pour proposer son aide à la femme qui se trouve à l'intérieur.
Mais lorsqu'elle apprend, le lendemain, que la femme a été retrouvée sauvagement assassiné, Cass est assaillie par la culpabilité. Et les coups de fil anonymes qu'elle reçoit désormais chez elle transforment ses angoisses en terreur. Elle en est persuadée : quelqu'un l'a vue, ce soir-là. Quelqu'un qui continue de l'observer. Quelqu'un qui pourrait bien être l'assassin.
Pourtant ni Matthew, ni Rachel, sa meilleure amie, ne prennent ses craintes au sérieux. Et Cass elle-même commence à douter : comment être sûre de quoi que ce soit alors qu'elle perd chaque jour un peu plus la mémoire, oubliant le code de l'alarme, sa place de parking, ce landau qu'elle a commandé même si elle n'a pas d'enfant, et que peut bien faire dans sa cuisine ce couteau ensanglanté qu'elle ne reconnaît pas.

Mon avis :
Avouez. Vous aussi, en lisant ce résumé, vous vous êtes dit "tiens, ça ressemble quand même beaucoup à Juste une ombre de Giebel" ?
Bin voilà.
Pendant une bonne moitié de l'histoire je n'ai pas pu m'empêcher de faire le lien. Du coup ça a gâché un peu une partie de ma lecture.
B.A. Paris a tout de même un style qui accroche, qui donne furieusement envie de continuer. Alors je me suis sifflé ce livre, sans rien voir passer.
J'avais clairement deviné un ou deux petits détails mais c'était en fait l'évidence même pour qui a l'habitude de lire des polars.

Et puis plus j'avançais dans ma lecture, plus j'avais envie d'arriver à la fin, malgré mes craintes ou déceptions. Je voulais savoir comment tout allait être mis à jour, comment on allait découvrir le coupable et la vérité.
Et bien je n'ai pas été déçue par la fin, clairement.
Je suis ravie d'avoir persisté jusqu'au bout, malgré l'envie d'arrêter à plusieurs reprises.
J'ai adoré la fin, j'ai beaucoup aimé Cassandra. Sa plongée dans la démence, ses doutes, ses peurs, sa solitude. Seule contre tous pour découvrir qui la harcèle, qui lui pourrit la vie. Et pourquoi, surtout.

Du coup ça a été une très bonne lecture, malgré la ressemblance avec l'oeuvre de Karine Giebel.
Indépendamment, je pense que Défaillances est un très très bon bouquin. On reconnait bien le style de Derrière les portes. Si on a aimé l'un, on aimera l'autre.