23 septembre 2017

Friend Zone (Mickaël Parisi)

Résumé :
Thomas Grant est un détective privé alcoolique, sociopathe, vendant ses services sur le Dark Web. Rayé des registres du gouvernement et vivant sous une fausse identité, il tente de faire de l'argent par n'importe quel moyen. Lorsque Opaline, jeune femme végan, fait appel à ses services pour sortir son frère embrigadé dans une secte puissante économiquement, Grant s'en frotte immédiatement les mains. Mais tout ne se passera pas comme prévu...

Mon avis :
Je savais que cette histoire allait mettre mes nerfs à rude épreuve. J'ai clairement pas été déçue du voyage. Thomas est un connard fini. Mais un connard drôle. C'est un grand fou furieux qui ne laisse clairement personne le faire chier.
Quoi de pire pour un misogyne que de devoir se coltiner une militante végane ? Rien.
Opaline l'engage pour sortir son frère d'une secte pourrie, Les trentenaires (le nom, steuplé...).
Ces deux là ne sont clairement pas faits pour s'entendre. Mais l'une a besoin de son frère et l'autre a besoin de thunes. Et ils vont former finalement un duo détonnant.
Leur recherche sera finalement un véritable carnage. Alcool, sexe, meurtres violents.
Thomas est clairement le personnage le plus exécrable de toute la littérature depuis l'invention de la littérature (ou du connard). Y'a pas une page où j'ai pas eu envie de le cramer. Je comprends même pas qu'Opaline l'ait pas fait. Elle qui a tellement de haine pour la race humaine (ce qu'on peut comprendre).
L'histoire est super intéressante et très bien trouvée. Le coup de la secte passe cependant rapidement au second plan, au profit de l'histoire de nos deux anti-héros. L'auteur laisse Thomas exprimer sa rage, sa violence. Tout est prétexte à une tuerie pour lui. Un vrai bain de sang.

J'ai passé un très bon moment avec ce court roman. L’écriture est vulgaire, crue, trash et directe. Les personnages sont complètement dingues, les caractères exagérés, clichés.
L'histoire part absolument dans tous les sens, un vrai foutoir. Des chats qui parlent, des chiottes, des zombies... Du grand n'importe quoi.
Une vraie degueulasserie, divine et drole à lire.

(et Opaline c'est très sympa comme prénom, merde :p )

21 septembre 2017

Le doute (S.K. Tremayne)

Résumé :
Un an après le décès accidentel de Lydia, l'une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s'installent sur une petite île écossaise, qu'ils ont héritée de la grand-mère d'Angus, au large de Skye.
Mais l'emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu'elle est en réalité Lydia. Alors qu'un brouillard glacial enveloppe l'île, l'angoisse va grandissant... Que s'est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l'une des deux sœurs a trouvé la mort ?

Mon avis :
La mort tragique de Lydia a mis le couple Moorcroft à rude épreuve. Enfin, même la naissance des jumelles avait tout chamboulé. On ne sait pas tout, mais on comprend que quelque chose ne va pas. Sarah cache des choses à Angus, mais lui même a quelques secrets..
La perte de Lydia est un drame. Pour tenter de remonter la pente et recommencer à peu près à zéro, la petite famille décide de se poser sur une petite île dont a hérité Angus. La vie là bas est austère, au gré des marées. Très froid l'hiver, pas très chaud en été. Mais tant pis, si ça peut faire oublier le passé, on tente.

Mais Kirstie se comporte comme si elle était deux, un dédoublement de la personnalité ou un truc flippant du même genre. Quand elle ne se prend pas pour Lydia, elle lui parle et joue avec elle. Cette pauvre gamine qui a perdu une part d'elle même fait flipper absolument tout le monde. Gamins de l'école, adultes, parents.
Quand Kirstie avoue à sa mère être Lydia, Sarah veut en avoir le cœur net et décide de mener sa petite enquête toute seule, sans en parler à Angus. Après tout, Lydia était sa préférée à elle, alors si elle est bien vivante, tant mieux !
Durant toute l'histoire on ne sait pas du tout ce qui se passe. Ce roman porte incroyablement bien son nom. J'ai douté à chaque instant, de tout et de tout le monde. Qui est réellement cette gamine ? Qu'est ce qui c'est vraiment passé ? Et les découvertes de Sarah sont-elles justes ? Non, c'est pas possible. Ou peut être.
Jusqu'au bout on se demande si on a affaire à Lydia ou Kirstie. Au milieu de cette gamine affolée, perdue et seule, se disputent des parents coupables et innocents.
L'environnement de ce roman est oppressant, angoissant. La tempête sur l'île, le brouillard, les marées... Rien ne nous épargne.

14 septembre 2017

Les fauves (Ingrid Desjours)

Résumé :
Votre pire prédateur : celui qui vous aura apprivoisé...
"Torturez-la ! Violez-la ! Tuez-la !" A la tête d'une ONG luttant contre le recrutement de jeunes par l'Etat islamique, l'ambitieuse Haiko est devenue la cible d'une terrible fatwa.
Lorsque sa mère - célèbre journaliste politique - engage Lars pour la protéger, le militaire tout juste revenu d'Afghanistan a un mauvais pressentiment. Sa cliente lui a-t-elle dit l'entière vérité sur ses activités ?
Dans cet univers où règnent paranoïa et faux-semblants, Haiko et Lars se fascinent et se défient tels deux fauves prêts à se sauter à la gorge, sans jamais baisser leur garde.

Mon avis :
Voilà très longtemps que je voulais lire ce roman. La lecture de La prunelle de ses yeux m'avait donné encore plus envie. Mais je n'ai jamais osé. L'Etat islamique, la guerre, etc etc, on en bouffe déjà tellement depuis un moment, j'avais peur de l'overdose.

Haiko et Nadia sont les meilleures amies du monde. Elles sont comme soeurs.
Alors quand Nadia annonce à son amie son désir de lâcher l'asso qu'elles ont montée ensemble, Haiko ne le supporte pas, elle a besoin d'elle, de sa force et de son soutien.
La fatwa dont Haiko est la cible est la goutte d'eau.
Alors, à contre coeur, Nadia quitte son amie et Haiko accepte une garde rapprochée.
Lars est un militaire qui se trimbale un syndrome de choc post-traumatique. Un tas de muscles. Un garde du corps comme ça, pas sure qu'Haiko en ait vraiment besoin.

Et puis, il y a toutes ces zones d'ombres dans cette affaire. Lars, le chef d'équipe, ne connaît rien de la moitié de ses hommes qui sont pourtant en charge de la sécurité d'Haiko. Comment leur faire confiance, dans ce cas ?
Sans parler des jeunes qu'Haiko dit avoir sauvés de l'embrigadement de l'EI.
La jeune femme a énormément de secrets, elle aussi.
Alors finalement, tout le monde se pose des questions. La police, les gardes du corps. Qui est vraiment Haiko ? Que cache-t-elle ? A qui ment-elle ? A propos de quoi ?

Au fil de l'histoire, on ne fait finalement plus confiance à personne. Pour le lecteur, chaque personnage est un méchant, un menteur, un cachottier, un danger public.
Si finalement on doit se méfier de tout le monde, comment l'histoire peut-elle se finir ?
Durant la lecture, on se pose des centaines de questions, on est intrigué autant par Haiko que par Lars.
On ne sait pas si on doit être triste ou pas.
Dans cette guerre "de religions", on ne sait plus où donner de la tête.

Même si j'ai énormément apprécié ce roman, j'avoue avoir été moins en stress, moins accro qu'à La prunelle de ses yeux.
Ingrid Desjours a un talent dingue d'écriture, elle donne envie d'en savoir toujours plus, on ne peut pas s'arrêter. Le style Desjours est simplement hyper addictif.

27 août 2017

Le loup peint (Jacques Saussey)

Résumé :
Vincent Galtier est vétérinaire dans une petite ville de l'Yonne, près d'Auxerre. Depuis la mort accidentelle de son fils, son couple est à la dérive. Seule Marion, sa maîtresse, parvient à lui faire vivre quelques rares moments d'oubli. Une nuit, alors qu'il vient de la quitter et traverse une foret isolée pour rentrer chez lui, les passagers d'une voiture inconnue lui tirent dessus et tentent de le précipiter dans un ravin. Lorsque Vincent arrive finalement à son domicile, après leur avoir échappé de justesse, c'est pour y découvrir une scène de massacre. Il y en aura d'autres.
Le cauchemar ne fait que commencer.

Mon avis :
Je retrouve enfin Jacques Saussey, un de mes nouveaux auteurs préférés du monde.
J'avais absolument kiffé Ne prononcez jamais leurs noms, j'avais tellement hâte de lire ses autres romans.
Et je suis mais folle de joie d'avoir lu Le loup peint !
Ce roman est une vraie bombe.
Ce ne sont pas des scènes de massacres que l'on découvre, c'est bien pire que ça.
Les victimes sont laissées dans un état abominable, indescriptible. Le tueur est pire qu'un monstre. On sent toute la rage, toute la haine qu'il a en lui, qui ne demande qu'à exploser.
Et puis il y a aussi ce virus, cette arme bactériologique, qui peut faire d'énormes dégâts.

Si Vincent est rapidement le suspect idéal pour les meurtres, il est tout aussi vite mis hors de cause, il y a bien trop de trucs qui clochent.
Mais alors qui a bien pu tuer ces gens ? Et pourquoi ? Et pourquoi un tel acharnement sur ce pauvre véto de la campagne profonde ?

L'histoire est aussi bien trouvée que menée. Les meurtres s'enchaînent, la haine explose, la violence est omniprésente.
Il y a également une histoire parallèle à ces enquêtes, discrète, courte, flippante.

Chaque personnage est de qualité. Le flic un peu couillon mais tellement drôle. Le frimeur qui se croit être le tombeur de ces dames. Le chef gueulard. La victime idéale, le coupable sans pitié qui ne veut que sa vengeance, le chef de service et son droit de cuissage.
On a de la peine pour Galtier, tant que les flics le soupçonnent on a envie de les secouer dans tous les sens, de leur gueuler qu'ils se plantent prodigieusement, foutez lui la paix à ce pauvre homme bordel !

Ce bain de sang est un roman fabuleux. J'ai passé un moment tellement agréable avec ces cadavres, ces victimes collatérales, ces personnages tellement attachants.
L'écriture de Jacques Saussey m'a une nouvelle fois fait totalement chavirer