7 août 2016

Avec tes yeux (Sire Cédric)

Résumé :
Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D'épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu'il a déjà fragile. Si ce n'était que ça ! Après une séance d'hypnose destinée à régler ses problèmes d'insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d'un autre, torturant une jeune femme... Persuadé qu'un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.

Mon avis :
Ho mon dieu mais quelle horreur !!! Cette histoire est absolument immonde.
Il faut savoir que je déteste tout ce qui a trait aux yeux.. Des yeux en gros plan, l'idée même de toucher un oeil, l'ophtalmo... Tout ça me dégoûte mais alors au plus haut point.
(Donc là on se demande ce qui m'a pris de vouloir lire ce bouquin... Mon coté maso sûrement...)

Bref.
Thomas souffre depuis quelques années. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais il ne dort plus, ou pas beaucoup. Quand il dort, il fait des cauchemars effroyables.
Malgré ses réticences, il se décide à aller voir un hypnotiseur. Il ne sait pas trop dans quoi il s'embarque, mais c'est sa dernière chance de retrouver une vie à peu près normale.

Et puis, les premières visions arrivent. Il voit le meurtre. Il vit le meurtre. Du début à la fin. L'agonie de la victime, le plaisir du bourreau.
Mais comment expliquer ça à la police ? Alors forcement, il fait le coupable idéal.

S'en suit une véritable chasse à l'homme. Les forces de l'ordre cherchent Thomas, Thomas cherche le coupable, (à peu près) seul contre tous.
Et puis, le meurtrier se prend vite au jeu. S'il jouait avec ses victimes pour savourer leur mort, il s'amuse encore plus à rendre Thomas complètement fou. 

C'était abominable. On voit presque les meurtres devant nos yeux, le calvaire de ces femmes étant tellement bien décrit.
On essaie de comprendre. Pourquoi lui ? Comment c'est possible ? Comment va-t-il réussir à se sortir de ce merdier ?
J'étais totalement embarquée dans l'histoire. C'était tellement terrifiant, passionnant, malsain.

Et puis la fin ! Mon dieu mais la fin !
Alors sans spoiler, j'ai été quand même pas mal déçue par Fox. Mais finalement, la fin putain !!!

Encore un coup de cœur pour Sire Cédric. Je commence à devenir fan ♥


4 août 2016

Le liseur du 6h27 (Jean-Paul Didierlaurent)

Résumé :
"Voilà, on voulait vous dire, on aime bien ce que vous faites. Ça nous fait drôlement du bien.
Ça va bientôt faire un an que Josette et moi, on vient vous écouter tous les lundis et jeudis matin."

Sur le chemin du travail, Guylain lit aux passagers du RER de 6h27 quelques pages rescapées de livres voués à la destruction. Ce curieux passe-temps va l'amener à faire la connaissance de personnages hauts en couleur qui cherchent, eux aussi, à réinventer leur vie.

Mon avis :
C'est ici un très (trop ?) court livre, de 200 pages à peine, qui fait un bien incroyable.
Guylain Vignolles travaille à l'usine. Une usine de recyclage de papier. Il s’occupe de la Chose, la grosse machine qui mange le papier, les rats, les jambes de ceux qui ne font pas attention.
Guylain est du genre solitaire. Une mère qu'il a régulièrement au téléphone à qui il prétend bosser dans l’édition, deux amis, un poisson rouge.
Tous les matins dans le rer il lit une ou deux feuilles, à voix haute mais surtout pour lui même. Il n'y a aucune continuité dans le récit, il lit ce qu'il trouve au fur et à mesure. Ça amuse les autres usagers mais en même temps, ça leur plait, ça leur fait du bien.

Le resumé du bouquin, je vous le dis de suite, est tout de meme un peu trompeur. Notre liseur lit finalement tres peu, on n'a pas enormement de passages dans le rer, ni de gens qui l'abordent pour lui en parler. On assiste surtout à sa vie professionnelle ou personnelle en fait.
J'ai trouvé ça un peu dommage. Mais finalement cette histoire se lit très facilement et met le sourire aux lèvres.

6 juillet 2016

La vérité sur l'affaire Harry Quebert (Joël Dicker)

Résumé :
À New York, au printemps 2008, lorsque l'Amérique bruisse des prémices de l'élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d'écrire le nouveau roman qu'il doit remettre à son éditeur d'ici quelques mois. Le délai est près d'expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d'université, Harry Quebert, l'un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l'innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l'enquête s'enfonce et il fait l'objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s'est-il passé dans le New Hampshire à l'été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Mon avis :
Marcus, qui n'est plus capable d'écrire un roman digne de ce nom, décide de fuir. Fuir sa ville, sa vie, ses responsabilités. Et il se barre pour rejoindre son ami et l'aider.
Harry et Marcus ont bien plus de points communs qu'on peut le voir au début de l'histoire.

Tout accuse Harry du meurtre de Nola. Personne ne savait qu'à l'époque ils étaient réellement fous amoureux l'un de l'autre, alors évidemment dans l'opinion générale, Harry n'est qu'un vieux pervers dégueulasse.
Marcus enquête auprès des différents témoins de l'époque, il cherche à comprendre ce qui cloche dans cette affaire. Parce qu'Harry est innocent, c'est évident, le coupable est forcement ailleurs.

Plus la lecture avance, plus tout le monde peut être le coupable. Chacun aurait pu avoir une raison de tuer Nola. Par jalousie, par accident.
Joel Dicker nous mène en bateau du début à la fin. On soupçonne donc tout le monde, on change d'avis comme on tourne les pages, on va de rebondissement en rebondissement. C'est simplement dingue.

On ne s'attend pas à la fin. Vraiment. On pouvait imaginer n'importe qui en tueu.se.r de Nola, mais pas lui.

Et puis, à coté du meurtre de Nola, il y a l'autre histoire. Les romans d'Harry Quebert, ceux de Marcus, leur succès. Et la mère de Marcus surtout. On ne la croise pas beaucoup, mais elle marque les esprits. Moi en tout cas, je l'ai adorée (sur papier hein, une mère comme ça en vrai, personne n'en voudrait). On a limite de la peine pour ce pauvre Marcus, mais on peut pas s'empêcher de rire comme des bœufs à la moindre apparition de sa mère.

Ce roman est un pur coup de cœur. Je me suis décidée à le lire parce que, visiblement, tout le monde l'a adoré. J'ai tendance à me méfier des bouquins qui font l'unanimité, mais là, je sais pas. Et puis, Tatiana de Rosnay l'a adoré alors tu penses...
Et puis, j'ai vu le nombre de pages. Je me suis dit que j'allais y passer des plombes, j'allais pas en voir la fin.
Et pourtant je l'ai dévoré bien plus vite que je ne l'aurais voulu...
Ce roman est simplement hyper addictif, on ne peut pas le lâcher, chaque fin de chapitre nous force à lire le suivant pour savoir ce qui arrive.


Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahit d'un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu'à tout ce qu'il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l'on regrette d'avoir terminé.

1 juillet 2016

Miettes de sang (Claire Favan)

Résumé :
Poplar Bluff, petite ville du Missouri. Aux yeux de ses habitants, Dany Myers est un raté, un faible, indigne du souvenir qu’a laissé son père, ancien et bien-aimé capitaine de la police locale. Poussé par sa mère à rejoindre à son tour les forces de l’ordre, il y exécute sans broncher les tâches subalternes, encaisse les vexations et fuit tout conflit. Jusqu’à ce qu’une étrange vague de meurtres, suivie de suicides, endeuille la communauté.
Cette affaire, que tous souhaitent étouffer, sera son affaire. Pour la première fois de sa vie, Dany brisera le silence – à ses risques et périls…

Mon avis :
Je n'aurais pas tenu bien longtemps sans lire Claire Favan.
Je me suis jetée sur ce roman, vraiment. L'histoire de Dany me faisait terriblement envie. Le loser anti-héros par excellence, avec une mère dominatrice au possible. Sous la plume de la merveilleuse Claire Favan, ça ne pouvait être que magistral.

Dans la petite ville de Poplar Bluff, tout le monde connaît l'histoire de Dany Myers. Son père était capitaine de police. Très apprécié de ses collègues, respecté par tous.
Dany, lui, n'est qu'un naze, un pauvre type qui se laisse bercer par sa vie. Aucune motivation, aucun avenir, solitaire. A 34 ans, il loue un petit appart aménagé chez sa mère. Classe.

Et puis, un soir, deux cadavres découverts. Le mari a été complètement fracassé, le coupable lui vouait clairement une haine sans limite et avait simplement la rage contre lui. Pour la femme c'est plus simple.
Finalement, la thèse du "drame familial" est est mise en avant. La femme a tué le mari et s'est suicidée ensuite.
Le problème, c'est que la ""victime"" est le capitaine de la police.
En fait, toutes les prochaines victimes travaillaient pour la police.
Mais les enquêteurs s'en foutent. Le coupable se tue après son crime alors à quoi bon, hein ?
Dany est un bon flic, très sérieux et très pro. Alors contre l'avis de tous, il fouille, il mène l'enquête de son coté. Il doit se racheter, se faire respecter de ces flics qui ont fait de lui leur souffre-douleur.

Et puis, il finit par fourrer son nez là où il ne fallait pas. Dans la corruption et l'horreur.

La plume de Claire Favan est toujours aussi captivante. Si la première partie du roman peine à décoller, la suite part en flèche.
Les meurtres sont abominables. Ce que les "coupables" ont vécu donne simplement envie de vomir.
On plaint Dany. On a envie qu'il s'en sorte, que son calvaire prenne fin. Mais l'horreur, la vraie, n'est jamais en surface. Il faut gratter pour sombrer dans le plus horrible encore. Qui est la victime, qui est le coupable ? De quoi sommes-nous vraiment capables ?
Le fin mot de l'histoire m'a totalement subjuguée. C'est immonde, ça retourne le bide, c'est simplement horrible.
Et puis il y a eu la toute fin, celle après l'affaire. Celle de Dany.

J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser. J'ai évidemment adoré ma lecture, mais la fin m'a bien trop remué les tripes. C'était affreux, je me suis sentie affreusement mal. J'en ai même pleuré (si j'étais pas emetophobe j'aurais sûrement gerbé toutes mes tripes par dessus mon balcon...). C'était trop, en fait. Pourtant Claire Favan est capable de bien plus trash. Mais là, c'était autre chose, ça m'a trop touchée. (J'essaie d'expliquer mon "malaise" sans spoiler. C'est hyper dur)
Mais bon, c'est quoi une page dans tout un roman, hein ?