18 février 2017

Dompteur d'anges (Claire Favan)

Résumé :
On ne choisit pas sa famille. Encore moins celle de son ravisseur...
Condamné pour un meurtre qu'il n'a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l'ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu'il est reconnu innocent et libéré, ce n'est plus le même homme. Il n'a désormais plus qu'une seule idée en tête : se venger de cette société qu'il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au cœur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu'à ce qu'une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature...

Mon avis :
L'histoire commence avec la jeunesse de Max. Il mène une vie simple, il est un peu l'homme à tout faire du quartier. Il gagne sa vie comme ça et ça lui convient très bien. Il n'a pas besoin de luxe pour être heureux.
Jusqu'au jour où un ado est retrouvé mort. De malentendus en malentendus, Max est désigné coupable. Absolument personne ne croit en son innocence. Les témoins qui ont causé sa perte ont simplement mal interprété ce qu'ils ont (pas) vu.

Après 5 ans de tortures en prison, il est enfin reconnu innocent. Et donc libéré et dédommagé.
Mais c'est un homme brisé. Le gentil Max est mort en prison. Dehors, c'est un Max avide de vengeance.
Alors il kidnappe un enfant, un tout petit, tout gentil et tout mignon. Puis le modèle, le formate, le forge, pour en faire une bête tueuse. Il renouvelle l'opération avec deux autres gamins.
Là, la violence arrive. C'est un passage très dur. Insupportable. Tout ce que ces gamins ont subi pour être ce que Max attendait d'eux, être de parfaits petits soldats.

Et puis, l'histoire nous projette quelques années plus tard. Un ange a échappé à Max et a tenté de mener une vie la plus simple et banale possible.
C'est là que va commencer une course infernale, semée de pièges. L'ange est en danger et doit faire son possible pour résoudre ses problèmes sans éveiller les soupçons autour de lui.

La violence de Dompteur d'anges n'est pas présente à chaque page. Il n'y a pas (trop) de violence sanglante, acharnée. C'est une violence psychologique, morale, insidieuse. Claire Favan et Max jouent avec nos nerfs. On a ici un vrai thriller psychologique dans sa meilleure définition.
Alors certes, je m'attendais à plus de sang, j'avais deviné qui était l'ange échappé et j'avais cerné un autre personnage assez rapidement. Mais tout ça n'a rien changé à ma lecture. Je suis très loin d'avoir été déçue. Parce que le suspens est là, j'ai toujours été tenue en haleine. J'ai été littéralement plongée dans l'histoire de l'ange, je n'ai pas pu lâcher ce bouquin une seconde (dormir c'est pour les faibles)

Et puis, contrairement à ses deux précédents romans, cette fois ci, je n'ai pas eu la gerbe en fermant ce livre. J'ai même été émue à plusieurs passages et la fin est absolument géniale.
J'ai eu une peine infinie pour Max. Certes, il est devenu un monstre, mais bordel, quel gâchis ! Tout ça à cause du voisinage complètement débile ? Honte aux gens qui ne se mêlent pas de leurs affaires. Malgré le tortionnaire sans pitié qu'il est devenu, je n'ai jamais pu m’empêcher d'avoir envie de lui faire un gros câlin. Max m'a fait énormément de peine.
Claire Favan a encore une fois forgé des personnages absolument parfaits. On a assisté à leur chute. Le travail de l'auteure sur la psychologie est grandiose.

Claire Favan reste définitivement ma reine ♥

17 février 2017

Nous allons mourir ce soir (Gillian Flynn)

Résumé :
"Quelqu'un vous ment. On dirait que vous allez devoir choisir à quelle histoire vous accordez votre foi. Qu'est-ce qui vous rassurerait le plus ?"

Mon avis :
J'avoue avoir pris ce bouquin au pif, au feeling. Je suis tombée dessus en flânant, je pensais que c'était un roman dont je n'avais jamais entendu parler, tout juste sorti en poche.
Et comme j'avais adoré Les apparences, j'ai foncé sur cette nouvelle.

L'histoire nous est racontée par une femme. Nous ignorons sont identité, on ne connaît pas son nom.
On connaît juste son passé. Son enfance avec une mère complètement larguée, entre galères et mendicité. Et plus tard, sa vie de pute dans une petite arrière boutique.
Elle ne s'apitoie pas sur son sort, visiblement elle aime, ou du moins accepte, sa vie.
Elle analyse d'ailleurs très bien les rapports humains, les gens, leur comportement.

Après une retraite anticipée forcée, elle se retrouve diseuse de bonne aventure. Elle sait parler au gens, leur dire ce qu'ils veulent entendre. Alors c'est le boulot parfait pour elle.
Et puis, elle commence à se lier d'amitié avec une cliente, Susan.
Susan raconte vivre un enfer. Dans sa maison avec son mari toujours absent, et son beau-fils avec lequel les relations sont ultra difficiles. Elle a besoin d'aide. Et la fausse voyante va être cette aide.

Là, la folie, les mensonges, les cachotteries, la vérité. Tout explose. L'héroïne se retrouve au milieu. Au Milieu de Susan et de cet ado clairement perturbé.
Elle doit s'échapper, sauver sa peau.
Qui va mourir ce soir ? Pourquoi ? Qui dit la vérité ?

Gillian Flynn a réussi un truc assez fou : raconter une histoire passionnante en 60 pages. Une fois les présentations faites, les bases posées, tout part dans tous les sens. En très peu de pages, il se passe énormément de choses. C'était clairement pas un exercice facile, mais l'auteure y est arrivée.
Une très bonne lecture, une histoire géniale et finalement un court thriller très efficace.

9 février 2017

Dust (Sonja Delzongle)

Résumé :
Quelque part en Afrique, la mort rôde... 2010. Dans un terrain vague de Nairobi, un gamin à vélo s'amuse à rouler dans une grande flaque sur le sable ocre. Du sang humain, répandu en forme de croix. Sans le savoir, le garçon vient de détruire une scène de crime, la première d'une longue série. 2012, à Nairobi. Une femme albinos est décapitée à la machette en pleine rue. Le tueur a emporté la tête, un bras aussi. Elle a été massacrée, comme beaucoup de ses semblables, parce que ses organes et son corps valent une vraie fortune sur le marché des talismans. Appelée en renfort par le chef de la police kenyane, Hanah Baxter, profileuse de renom, va s'emparer des deux enquêtes. Hanah connaît bien le Kenya, ce pays où l'envers du décor est violent, brûlant, déchiré entre ultramodernité et superstitions. Mais elle ne s'attend pas à ce qu'elle va découvrir ici. Les croix de sang et les massacres d'albinos vont l'emmener très loin dans les profondeurs du mal.

Mon avis :
Ça faisait un sacré moment que je voulais découvrir Sonja Delzongle, sans jamais trop oser me lancer. Et finalement ça y est j'ai fait !
Franchement, le seul regret que j'ai, c'est d'avoir passé autant de temps sur cette lecture. 460 pages, ça m'a pris deux semaines !
Et pourquoi ? Pour rien. L'histoire est géniale, l'idée des meurtres d'albinos et du trafic d'humains c'est absolument au top, l'écriture de l'auteure est vraiment pas mal.
Vraiment cette lecture a été géniale mais je ne sais pas pourquoi j'ai pas réussi à la lire d'une seule traite. Du coup évidemment je n'ai pas savouré ce roman à sa juste valeur. Et c'est bien dommage !

Nous suivons les aventures de la profileuse Hanah. Française exilée aux usa et au passé trouble et difficile. Elle est réclamée au Kenya par le commandant Collins pour aider son équipe.
Pour élucider des meurtres sans cadavres, il faut le top du top. Et visiblement, ça, c'est le domaine de Baxter.

Et puis finalement, il y a plusieurs enquêtes étranges, qui s'emmêlent. Il y a trop de trucs louches dans ces affaires. Bien sur, les deux tournent autour des albinos, cibles favorites des meurtriers en Afrique.
On sait évidemment pourquoi ces gens sont tués. Il faut juste trouvé par qui. Mais il y a très peu d'indices et le temps presse, c'est une véritable course contre la montre.

J'ai adoré. Ça se lit (normalement) tout seul, les chapitres sont passionnants, l'histoire est passionnante. Hanah est passionnante.
Sonja Delzongle a attisé ma curiosité, je vais vite trouver le temps de lire la suite des aventures d'Hanah Baxter ♥
Je regrette tellement d'y avoir passé autant de temps... C'était tellement bon

7 février 2017

Grand-mère deballe tout (Irène Dische)

Résumé :
Frau Doktor Rother est une aristocrate autoritaire, impertinente, ultra-catho, bourrée de préjugés. Épouse d'un médecin juif persécuté par le régime nazi, elle quitte l'Allemagne pour New York. Devenue grand-mère, elle observe son insolente petite-fille délaisser ses valeurs réac pour la culture américaine. L'impitoyable matriarche dresse un portrait drôle et féroce de cette famille atypique.

Mon avis :
J'adore les histoires de vieux qui râlent, qui détestent tout le monde et qui font chier leurs familles.
Frau Rother avait tout pour me plaire. Vieille acariâtre, ok, mais aussi bourge et catho. La vieille chiante parfaite.
C'est Frau qui raconte tout. Elle nous parle de sa vie, de son mariage avec un juif (à l'approche de la guerre, c'est malin), de sa famille. De la fille qu'elle a eue.

Et puis finalement, ça n'a pas pris. J'ai lu un peu moins de 100 pages et je n'ai ri à aucune. Par contre, je me suis bien bien ennuyée. Frau n'est pas detestable, elle est juste chiante comme une grand-mère banale.
Ce debut ne m'a pas franchement motivée, j'ai hesité un moment avant de lacher l'affaire.
Tant pis si la suite de l'histoire est bonne, le début ne m'a pas donné envie. Et j'aime quand ça part dès les premières pages.